Phare de Bel Air (Sainte-Suzanne – Ile
de La Réunion)
PRESTIGIEUX PATRIMOINE CULTUREL MARITIME
Le Phare de Bel Air construit
sur la commune de Sainte-Suzanne (à l’Est de Saint-Denis, la capitale)
fut mis en service le 20 octobre 1846. Il signalait à l’époque
d’une navigation maritime importante un premier écueil au pied de la falaise
(la Marianne) et beaucoup plus loin, (LE Cousin). Son feu était visible à 18
miles par nuit claire. Pour accéder à la coupole, il faut franchir 73 marches
supplémentaires.
Le Phare est géré par
l’Arrondissement Mixte de la Direction Départementale de l’Equipement
(D.D.E., service des Phares et des Balises, sur le budget du ministère de la
mer. D’après l’état de
signalisation maritime dressé en 1983, le Phare de Bel Air est situé sur la côte Nord-est de l’Ile de La Réunion, à l’Ouest Nord
Ouest du mouillage de Sainte-Suzanne par 20°53’21
de latitude Sud et 55°36’30
de longitude Est.
C’est une Tour cylindrique
avec couronnement à la partie supérieure en maçonnerie lisse, sur un
soubassement cylindrique en maçonnerie lisse également accolé à la façade
Nord-est d’un bâtiment rectangulaire.
Le bâtiment comporte quatre
chambres en rez-de-chaussée qui étaient réservées à la famille du gardien
du Phare et la salle des machines. Un escalier au départ en bois et
actuellement en métal permet d’accéder à la Tour du Phare.
La superficie de l’établissement
est de 3 374 m2. L’ensemble
des constructions est de couleur blanche, la coupole de la lanterne au sommet de
la Tour est verte, les montants de la lanterne, le garde-corps et la partie supérieure
de la Tour sous le couronnement sont rouges.
Arrêté pour cause
d’insuffisance d’effectifs, le Phare de Bel Air après installation d’un
système de commande entièrement automatisé fonctionnera de nouveau en 1987.
Le dernier gardien du Phare, Jean Baillif, a cessé définitivement ses
fonctions en 1984.
Impossible actuellement de
visiter la Tour du Phare pour des raisons de sécurité. Mais le bâtiment
abrite régulièrement des expositions et des animations culturelles sous
l’impulsion de l’Association Ville Animée et de l’Office du Tourisme
Intercommunal (O.T.I.).
Un monument très fréquenté
par les visiteurs et touristes de passage. Un haut lieu de l’histoire maritime
réunionnaise qui sera aménagé en musée des Phares et de la Mer dès l’année
prochaine.
Bernard Batou
Journaliste – Ecrivain
Association Ville Animée
Voyage à l’Ile de La Réunion dans
l’Océan Indien
LE PHARE DE BEL AIR, HAUT LIEU DU
PATRIMOINE ET DE L’HISTOIRE MARITIME
Sur la commune de Sainte-Suzanne
à l’Ile de La Réunion, à
proximité de la mer, résiste un
magnifique Phare, unique dans l’Ile, construit en 1846 à l’époque d’une
intense navigation maritime. Il signalait et prévenait de deux dangers
importants en mer, les rochers baptisés « le Cousin » et « la
Marianne ».
Il
faut rappeler qu’à l’époque de la marine à voile, les bateaux arrivant
d’Europe par le Cap de Bonne Espérance, devaient contourner l’île par le
Sud avant de se laisser porter par les alizés et les courants d’Est, avant de
jeter l’ancre dans la baie à de Saint-Denis, de la Grande Chaloupe ou de
Saint-Paul. De plus jusqu'à la fin du XIXe siècle, à cause des dénivellations
importantes dues au relief accidenté, les échanges entre les différentes régions
étaient difficiles. Grâce au batelage, le transport des passagers et des
marchandises se faisait par voie maritime vers les différents débarcadères
mis en place tout autour de l'île. Pendant que d'autres embarcations
circulaient entre les îles de l'archipel des Mascareignes.
Décision
du Conseil Colonial
La décision de construire cette signalisation maritime au
lieu-dit la Pointe de Bel Air fut prise par le Conseil Colonial en 1840 au cours
de deux séances de travail. Les ingénieurs de l’époque ont insisté sur la
nécessité de réaliser un bâtiment en grande partie en pierre de taille,
solide, résistant car exposé à l’action de l’air salin cause incessante
de dégradation.
Cinq années plus tard, démarrèrent
les travaux du premier phare de La Réunion pour une mise en service en
octobre 1846. Aux termes d’un avis en date du 10 octobre 1846 de la Direction
des Ponts et Chaussées de l’Ile Bourbon, Phares et Fanaux, les navigateurs étaient
prévenus qu’à partir du 15 octobre 1846 un feu fixe du deuxième ordre
serait allumé pendant toute la durée des nuits au sommet de la Tour récemment
construite sur la Pointe de Bel Air, par 20°53’11 » de latitude Sud et
53°19’12 » de longitude Est. L’élévation du feu est de 20,25 m au-dessus du sol et de 45,83m au-dessus de l’Océan ; sa lumière pourra être
aperçue par temps clair jusqu’à la distance de 18 miles marins.
En 1886, un deuxième phare sera
édifié à La Réunion, en bordure de mer, sur la commune du port, à l’Ouest
de Sainte-Suzanne, à l’occasion de la création du Port de la Pointe des
Galets (le plus grand Port de l’île aujourd’hui). Il sera détruit en 1972.
Le dernier gardien du Phare.
Plusieurs familles de gardiens travailleront au service du Phare de Bel Air. Le dernier gardien se nommait Jean Baillif, il a exercé ce métier jusqu’en 1984. Son fils Denis (62 ans) revient régulièrement sur les traces de son histoire.
« La journée, mon père entretenait le phare, la peinture, le nettoyage,
la rénovation… Je l’ai toujours vu avec un pinceau à la main. Le soir, mon
père remontait les stores car il y avait des rideaux de protection fabriqués
en grosses toiles vertes qui protégeaient l’intérieur de la tour
de la lanterne tout en haut du phare. A L’époque où il y a eu un
contrepoids qui faisait tourner l’optique, il lançait le mouvement, il
descendait et allumait le phare. Il ne pouvait pas sortir le soir. Dès qu’il
y avait une panne, mon père intervenait rapidement pour remettre le moteur en
marche. La tour ne devait jamais être éteinte pour une question de sécurité
à cause de la présence du gros rocher le Cousin.
Oui, c’était une grosse responsabilité.
Le moteur donnait la lumière dans les pièces, le couloir central
restait allumé toute la nuit, on n’utilisait pas beaucoup de lumière dans
les chambres, souvent c’était plutôt la lampe à pétrole, et moi j’allais lire tous les soirs dans le couloir.
Le moteur qui fournissait l’électricité pour le phare c’était le
moteur «Bernard ». Une fois par mois, il fallait enlever tous les tuyaux
pour les nettoyer, il y avait un peu d’amiante autour des tuyaux. Le tuyau
partait du moteur, traversait toute une salle sur une longueur d’environ 8 mètres
pour emmener le gaz d’échappement vers l’extérieur. Ce tuyau chauffait la
pièce et en temps de pluie ou de cyclone, on pouvait faire sécher nos vêtements
à l’intérieur. Il faut dire
qu’il pleuvait fréquemment sur Sainte-Suzanne… ».
Fermé depuis 1984, le Phare de
Bel Air n’est plus accessible par l’escalier
de la Tour (problème de sécurité). Le bâtiment accueille régulièrement des
animations artistiques et culturelles mises en place par l’Office du Tourisme
Intercommunal du Nord (O.T.I.) et l’Association Ville Animée de
Sainte-Suzanne.
Un monument chargé d’histoire
Nous voilà à l’intérieur de
ce grand bâtiment tout vêtu
de blanc monté de pierre de
taille en basalte et de béton armé d’une superficie de
3 374 m2, chargé d’histoire et de mystère.
La salle des machines avec
de vieux moteurs, des armoires électriques et tuyauteries nous rappelle
la présence d’un gardien du Phare en ce lieu. Le gardien habitait en effet à l’intérieur du Phare, avec
famille. Ses missions concernaient l’allumage et l’extinction du feu, (après
la lampe à pétrole, on est passé à l’optique tournante en 1947),
l’entretien de tout le bâtiment notamment le système d’éclairage,
la cour extérieure qui était plantée en fruits et légumes. Le gardien
assurait également la visite des lieux et il devait avoir des connaissances
solides en électromécanique. Cette salle des machines n’est plus
fonctionnelle aujourd’hui, heureusement, les différentes pièces sont bien
conservées, une véritable richesse pour l’histoire de ce Phare.
Au fond du couloir, une petite
entrée mène vers la tour du Phare par un escalier en colimaçon de 73 marches,
autrefois en bois. Cet escalier a été refait en métal en 2006.
Le couloir est vraiment très étroit, ça monte, ça monte… quelques
fenêtres laissent entrer la lumière du jour tout en offrant de superbes vues
sur le littoral. On arrive ensuite au balcon, une petite porte permet d’y accéder.
Nous voici percher tout là-haut comme des privilégiés contemplant et admirant
la ville de Sainte-Suzanne, la mer, le sentier littoral, les montagnes, le
littoral vers la Ravine des Chèvres, les habitations des rues La Marianne et du
Phare… depuis le Phare.
Inscrit au titre des monuments
historiques depuis le 16 juin 1996, ce Phare fait la fierté de la population réunionnaise
et des touristes de passage. Un monument chargé d’histoire géré par la Direction Départementale
de l’Equipement (Direction Phare et Balises) qui continue d’illuminer l’Océan
et de prévenir des dangers. Symbole et témoin de l’histoire maritime, il
continue de résister aux années qui passent, aux cyclones, solidement ancré
au-dessus de l’ancien tracé du chemin de fer mis en service en 1882.
« Ce Phare vivra encore
longtemps », ainsi en a décidé l’Association Ville Animée de
Sainte-Suzanne dont le siège se trouve dans l’enceinte du Phare. Elle
travaille actuellement sur un grand projet historique et culturel, à dimension
régionale, transformant ce Phare en Musée des Phares et de la Mer. Un projet
ambitieux qui permet de reconquérir notre patrimoine et notre culture maritime.
Caractéristiques
Position : 20°54, 086’ S
55°36, 121’ E
Mise en service :
Le 20 octobre 1846
Phare : Altitude de base 29,99 m
Hauteur du Phare 24,90 m
Visible de jour
à 19 milles
Télé controle du
Phare par liaison GSM
Lampe Feu de secours : Philips halogène 90 W 24 v
Portée :
10,6 milles
Batteries de secours : 2 batteries de 12 V 60 AH en série
LE
MUSEE DES PHARES ET DE LA MER
«Lumière oubliée
d’un phare
Qui jadis éclairait
l’âme
Revit grâce à la mémoire
Et d’une lueur
jaillira la flamme
Eternelle qui
illuminera
Sainte-Suzanne, La Réunion
et ses âmes »
L’Association Ville Animée de
Sainte-Suzanne travaille d’arrache-pied sur le projet du Musée du Phare et de
La Mer au cœur du Phare de Bel Air. « Nous avons un patrimoine maritime
exceptionnel. Ce phare est riche en histoire, notre histoire est liée à la mer
et nous voulons œuvrer pour la valorisation de notre histoire maritime. Nous
travaillons en étroite collaboration avec l’Office du Tourisme Intercommunal,
la D.D.E., les collectivités locales, la Cinor (Communauté Intercommunale du
Nord de La Réunion), les associations maritimes, les écoles, la
population…). Ne plus tourner le
dos à la mer mais s’ouvrir sur la mer », explique Bernard Batou,
responsable de projet au sein de l’association Ville Animée et écrivain.
Les grandes orientations du futur Musée :
*Valoriser le Phare de Sainte-Suzanne, témoin de l’histoire maritime réunionnaise
*Organisation des expositions sur le thème de la mer
*Film sur l’histoire maritime, sur la mer, sur le Phare, sur le dernier gardien du Phare
*Connaissance du milieu marin
*Protection du littoral
*Valoriser les métiers de la
mer à travers les hommes, les femmes, les entreprises qui façonnent
l’histoire de notre pays
*Ateliers pédagogiques pour les écoles, collèges, lycées
*Accueil des écrivains, des artistes, des sculpteurs
*Création d’une boutique artisanale sur les produits de la mer et de la pêche
*Atelier de création artisanale
*Spectacle culturel
*Expositions sur l’histoire des Phares, sur le Beau Pays,
sur la mer…
Un projet d’envergure qui avance à grands pas recevant déjà l’adhésion de la population et des touristes. Il permettra la création de plusieurs emplois dans le domaine de la culture, du patrimoine et de l’environnement. Les membres de l’association sont actuellement à la recherche des objets de la mer, ils travaillent sur la création d’expositions, sur la réalisation de films sur la mémoire du phare, sur la mer… Bernard Batou prépare un nouveau livre sur le Phare de Bel Air ainsi que le journal d’information du Phare.
« Nous avons un défi à
relever et nous le réussirons ensemble, avec tous les partenaires. Ce phare va
permettre de faire connaître La Réunion sur le plan national et international.
Nous croyons fortement à son aboutissement. Il n’existe pas de musée de la
mer à la Réunion, ce sera ainsi une grande première et un très beau voyage
en perspectives », souligne Jannick Hoareau, le président de
l’Association Ville Animée.
Bernard BATOU
Journaliste – Ecrivain Ile de La Réunion
Responsable de projets
Association Ville Animée
Tel : 0692 36 81 00
Email : bernardculture@gmail.com